Vie de la cité

Discours d’installation de Bruno Piriou, élu Maire de Corbeil-Essonnes

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Bruno PIRIOU

Maire de Corbeil-Essonnes

 

Discours d’installation – samedi 4 juillet 2020

 

Mesdames, Messieurs les élus du conseil municipal,

Chers amis,

 

Corbeil-Essonnoises, Corbeil-Essonnois,

 

Je vous remercie de la confiance accordée en ce 4 juillet 2020.

 

Vous l’imaginez, ce moment est émouvant pour moi. Il l’est aussi pour toutes celles et tous ceux qui m’ont accompagné sur cet étrange chemin au fil des années, des combats, des déceptions et des succès.

 

« Les routes qui ne disent pas le pays de leur destination, sont les routes aimées. » C’est finalement à 58 ans que je saisis pleinement le sens de ce beau vers de René Char.

 

Oui, le chemin compte tout autant que la destination. Il est fait de rencontres et de découvertes, d’apprentissage et de résilience.

 

Une nouvelle vie commence pour Corbeil-Essonnes. Une nouvelle ville commence en ce Palais des Sports et dans ce parc Chantemerle où se trouvent celles et ceux qui n’ont pas pu, en raison des conditions sanitaires, accéder à ce conseil municipal extraordinaire.

 

Je mesure le poids de la mission qui me revient aujourd’hui.

 

Corbeil-Essonnes est une ville en difficulté, une ville qui va mal.

 

Elle va mal car elle subit les difficultés des territoires de la grande couronne en Ile-de-France.

 

Nous vivons un paradoxe préoccupant. Ce sont nos territoires qui portent la croissance démographique à l’image des 10.000 nouveaux habitants gagnés par notre ville ces dernières années. Ce sont aussi eux qui subissent la désertification économique, médicale, les reculs en matière de service public.

 

La désertification économique car les créations d’emploi se concentrent de plus en plus sur Paris et les Hauts-de-Seine.

 

La désertification médicale avec la perte de nombreux cabinets de médecine de ville et une pyramide des âges des personnels soignants très préoccupante dans un contexte général marqué par la crise de l’hôpital.

 

Les reculs des services publics enfin symbolisés par ce RER D oublié de tous. Et pourtant, c’est ce RER D qui conduit les habitants de notre ville vers les grands pôles d’emploi. Avoir débranché nos gares d’Essonnes-Robinson et de Moulin-Galant de l’accès direct à Paris a constitué de ce point de vue une faute majeure.

 

Sécurité, éducation, santé, transports, culture : nous méritons mieux et nous nous battrons pour avoir plus.

 

Corbeil-Essonnes va mal aussi parce que des erreurs ont été commises.

 

Notre ville s’est habituée ces dernières années à défrayer la chronique des faits divers là où son potentiel et ses habitants devraient pourtant lui offrir un tout autre destin.

 

Il y a 25 ans, le 18 juin 1995, les habitants de notre ville, ont confié leur destin à une nouvelle équipe. Ils avaient peur du déclin industriel, ils voulaient aussi connaître une autre expérience après plusieurs décennies de gestion communiste.

 

Cette attente a été déçue et notre ville, autrefois centre historique du département s’est peu à peu effacée. A bien des égards, le rêve d’une vie meilleure s’est même transformé en cauchemar à l’image d’un système clientéliste, que j’ai décrit dans un livre L’argent maudit, qui a généré de l’insécurité, qui a brisé la vie de jeunes hommes et de jeunes femmes, qui a créé un climat délétère dans la vie et ses quartiers.

 

Mais et c’est le sens de la campagne que nous avons menée avec notre liste, il est temps qu’une page se tourne et qu’elle se tourne pleinement. Je veux dire par là que nous devons nous projeter vers l’avenir et c’est pourquoi nous devons porter le projet d’une ville réconciliée.

 

Corbeil-Essonnes réconciliée. Avec l’équipe qui m’accompagne, nous avons fait le choix de réconcilier Corbeil-Essonnes.

 

Une figure marquante de mon engagement politique est Nelson Mandela. Sans naïveté et sans faiblesse, face à l’injustice, Madiba a mené l’un des combats les plus emblématiques du 20ème siècle.

Je me souviens encore avec émotion de ce 11 février 1990, date de sa libération après 27 années de détention à la prison de Robben Island.  Cette libération a constitué un moment fondateur de mon engagement et je veux puiser dans l’histoire de Nelson Mandela des principes pour Corbeil-Essonnes.

 

Pour tourner la page de l’apartheid, Nelson Mandela portait un projet « Vérité & Réconciliation ». Et bien, à Corbeil-Essonnes, même si la situation est différente, nous porterons aussi cette grande ambition de la réconciliation. Que cela signifie-t-il ?

 

Cela signifie qu’il n’y a pas de soif de revanche. 

 

Réconciliation d’abord. Toutes celles et tous ceux qui veulent sincèrement participer au changement dans cette ville. D’où qu’ils viennent, quelque soient leurs itinéraires, je le dis, nous leur tendons la main, ils sont bienvenus. Tout le monde peut se tromper et peut revenir. Mais quant à ceux qui ont inscrit leur vie dans la vente ou le déshonneur, s’ils ne reviennent pas, qu’ils sachent que nous serons d’une justice on ne peut plus ferme.

 

Vérité également. Oui, il y a un devoir de vérité qui s’impose et qui exige de nous du courage. Je l’ai dit dimanche 28 juin : « tout travail mérite salaire mais tout salaire exige travail. » Il faut dire la vérité et il faut faire ce qui est juste. La justice, c’est le respect des règles, le respect des autres, le respect du territoire.

 

Il y a eu un relâchement très fort dans certains services municipaux avec des violences, des menaces, des pratiques qui dévoient le sens du service public. Là aussi, une nouvelle page va s’écrire.

 

Les nouveaux élus, la direction générale engageront très rapidement toutes les initiatives pour porter ce projet de réconciliation à Corbeil-Essonnes.

 

Non, il n’y aura pas de chasse aux sorcières.

 

Serge Dassault est décédé le 28 mai 2018, il y a plus de deux ans. Je l’ai toujours combattu mais, comme je l’ai exprimé lors de sa disparition, il appartient à l’Histoire de notre ville et il appartient à l’histoire et à la vie de nombre de ses habitants.

 

Nous ne nous occuperons pas de savoir si oui ou non s’il faut débaptiser la nationale 7. Quelqu’un de son vivant a voulu voir son nom. C’est son problème. Le nom d’avant était un nom qui avait été attribué par le temps et l’histoire. En ce qui concerne le nom de cette avenue, cela ne nous intéresse absolument pas. Laissons à l’histoire le temps de faire son œuvre pour savoir si ce nom se modifie ou pas.

 

 

Un nouvel avenir pour Corbeil-Essonnes.

 

Notre équipe est au travail depuis le premier jour et le premier jour pour nous ce fut lundi 29 juin. Nous avons noué tous les contacts utiles pour engager la transition jusqu’à ce samedi 4 juillet et pour faire de chaque jour de ce mandat 2020-2026 un jour utile.

Etat et Grand Paris Sud, conseil départemental et conseil régional, villes voisines, ANRU, La Poste, SNCF, bailleurs sociaux, entreprises du territoire, acteurs associatifs : de nombreuses rencontres se sont d’ores et déjà tenues et l’été promet d’être studieux pour prendre en main les dossiers.

 

D’ores et déjà, nous portons une priorité forte : réussir l’été. De nombreux dispositifs ont été mis en place par l’Etat pour accompagner les villes : quartiers d’été 2020, colonies de vacances apprenantes, école apprenante, école buissonnière. Nous allons nous saisir pleinement de ces dispositifs pour rattraper le retard des élèves dû au confinement et pour permettre au plus grand nombre d’avoir accès à des vacances.

 

Avec notre association Le Printemps de Corbeil-Essonnes, nous avons porté pendant deux été le projet des cars à la mer. Ce type d’opération doit se multiplier cet été.

 

L’été sera aussi l’occasion d’engager un audit à 360 degrés de la ville. Un principe fort guidera cet audit : contrairement à une pratique répandue et qu’il nous faut déplorer, nous ne confierons pas ce travail d’audit à un coûteux cabinet parisien ; l’audit sera conduit en interne par les services municipaux et j’y vois un premier outil de mobilisation. Audit financier, audit immobilier, audit RH, point sur l’état des routes, examen des contrats avec les différents partenaires : il nous faut aller vite sur ce chantier.

 

Car, l’essentiel va se jouer à la rentrée.  

 

Il nous faudra bien sûr faire avec les effets de la crise COVID-19.

 

Effets économiques et sociaux et nous serons particulièrement vigilants sur le front de l’emploi.

Effets sanitaires aussi avec la menace d’une 2ème vague et la nécessité pour la collectivité de tout mettre en œuvre pour être prêt à y répondre.

 

La rentrée, elle s’organisera aussi, bien évidemment en matière scolaire. Nous serons aux côtés de la communauté éducative, des parents, des enfants pour aider à la réussite de tous les élèves.

 

Je veux le dire avec netteté. Je serai le maire de l’ambition pour tous les enfants. La gauche, ma gauche, c’est une gauche qui croit que le destin d’un enfant ne peut pas être gâché par la pauvreté et les difficultés de tous ordres. Alors Corbeil-Essonnes doit redevenir pour les enfants des classes populaires, la ville de la promesse scolaire.

 

L’école est le lieu de l’émancipation sociale. Nous lui redonnerons toute son importance en l’accompagnant de parcours par le sport, par la culture, par la citoyenneté, par l’environnement aussi. C’est ainsi que nous réparerons le modèle républicain.

 

C’est la mission de Michel Nouaille, premier adjoint ; un homme de cœur, un homme de conviction, reconnu et apprécié.

 

La rénovation urbaine va connaître un nouvel élan. Ensemble, nous allons poursuivre la rénovation de nos quartiers en leur donnant la centralité qui leur font défaut et surtout en plaçant les habitants au cœur de leur transformation. Nous veillerons à leur donner de la respiration pour réparer l’excès d’urbanisation. Oumar Drame, maire adjoint à la rénovation urbaine, Assa Doucouré, Italia Thiriat, Pascale Prigent, toutes trois maire-adjointes auront en plus la responsabilité de suivre les quartiers des Tarterêts, de la Nacelle et de Montconseil. Clotaire Bouanzi travaillera à développer la vie de ces quartiers.

Le centre-ville va vivre une importante transformation. Trop longtemps abandonné, nous allons se saisir des opportunités offertes pour accueillir de nouvelles activités et de nouveaux commerces créateurs d’emplois. Le bâtiment des Grands Moulins de Corbeil-Essonnes va devenir l’un des lieux majeurs de notre ville en accueillant de nouvelles activités publiques et privées. Contact est déjà pris avec la famille Soufflet.  Martine Soavi, maire adjointe à l’urbanisme et à la santé, accompagnée de Pierrick Gauthereau, maire adjoint au commerce et à l’économie circulaire,  d’Hélène Pavamani, déléguée à la rénovation des centres-villes, vont se lancer passionnément dans cette mission.

 

Le développement économique, porté le maire adjoint Hichem Boukoubaa, va devenir l’une de priorité pour retrouver l’attractivité dont notre a besoin et pour équilibrer le rapport nombre d’habitants/emplois. Benjamin Le Droumaguet créera de nouvelles relations avec les universités et le Génopôle.

 

L’environnement et la transition écologique fera l’objet de toutes nos attentions et nous ferons de Corbeil-Essonnes, une ville pionnière en la matière. Frédéric Pyot, maire-adjoint, aidé de jacques Picard, président de la maison de la transition écologique, de Sylvie Dayani en charge de la nature en ville et du Cirque de l’Essonne, de Daniel Le Guay sur la propreté, de Claire Jubin sur la réduction des déchets vont se passionner sur cette tâche. Maxime Podolak supervisera la transformation des berges de Seine.

 

La sécurité et la tranquillité publique fera l’objet de toutes nos attentions. Avec Hervé Jacq nous allons renforcer notre police municipale et conforter nos relations avec la police nationale. Mes premiers rendez-vous avec le Préfet Albertini et madame la commissaire de police sont prometteurs. Je veillerai personnellement à l’avancement de la construction de notre nouveau commissariat de police. .

 

La jeunesse va être aussi soignée parce que dans notre société les jeunes ne bénéficient pas de l’attention et de la générosité qu’ils méritent. Elsa Touré, maire-adjointe va s’occuper pleinement de cette ambition.

 

Les associations et le droit au logement vont bénéficier de la générosité, de la transparence et de l’impartialité de Sofia Louze, maire-adjointe.

 

Les solidarités et l’action sociale vont être portées par le sérieux et le professionnalisme de Fadila Chourfi avec Françoise Lopez en charge du handicap, Italia Thiriat aux personnes âgées, toutes deux maire-adjointes. A leurs côtés, Alama Jellal veillera sur les personnes âgées isolées. Fatima Lallemand créera un service pour accueillir les nouveaux arrivants d’où qu’ils viennent sur notre ville. Monia Aissa s’attaquera à l’égalité homme-femme et aux violences faîtes aux femmes.

 

La culture, les arts vont être soigné. Avant même d’être élu, Oscar Segura s’est fait un nom avec déjà à son actif l’organisation de trois fêtes de la musique. Notre ville va redevenir la ville culturelle qui compte au sud du Grand Paris. .

Le sport ne sera pas en reste avec l’énergie de Reynal Jourdin. Responsable du mouvement sportif depuis des années, il est bouillonnant de projets. Clémence Bigarnet veillera à ses côtés à la promotion du sport féminin.

 

Sylvain Renard et Frédéric Bourges veilleront à la bonne administration de notre commune, tous deux maires-adjoints, le premier aux finances, le deuxième au personnel. Francis Arnould-Laurent supervisera la construction du nouveau centre technique municipal tandis que Diana Dos Santos travaillera à la décentralisation des services municipaux.

 

La tâche est grande ; elle exige de la grandeur.

 

Pour réussir, nous ne pourrons pas nous contenter de faire comme les autres. Nous devrons apprendre à sortir des sentiers battus, à penser différemment, à faire différemment.

 

Un exemple : nous devrons pleinement nous saisir des nouveaux usages de l’espace et du temps.

 

– Nouveaux usages de l’espace en développant des tiers-lieux. Espaces de coworking, lieux d’apprentissage, lieux de création, lieux de culture, lieux de partage : les villes doivent apprendre à créer de nouveaux espaces répondant mieux aux aspirations et aux besoins des familles.

 

Je veux ainsi profiter du débat que nous allons engager sur l’avenir des cantines municipales dont les repas ne peuvent plus être fabriqués à 80 kilomètres de notre ville, mais doivent de nouveau être confectionnés ici à Corbeil-Essonnes. Cette anomalie écologique et sociale doit cesser. Oui, ce débat doit permettre d’aller vers le bio et les circuits courts. Il peut aussi permettre à terme de créer un espace que pourraient s’approprier les familles le week-end pour partager des recettes et cuisiner ensemble. C’est en quelque sorte le projet d’une cuisine fabuleuse.

 

– Nouveaux usages du temps aussi. La vie moderne est difficile avec l’allongement des trajets domicile-travail, les nouvelles structures familiales (familles monoparentales ou séparées). Nous devons faire vivre autrement la ville. Développer les horaires atypiques notamment en soirée pour ceux qui rentrent tard du travail. Nous devons aussi repenser le dimanche. C’est le sens de notre plan « Un dimanche à Corbeil-Essonnes ». Une fois le marché fermé, il faut que la ville, les rencontres, les loisirs, le sport, la culture soient extrêmement vivants à Corbeil-Essonnes.

 

Nous devrons aussi porter une nouvelle ambition territoriale pour Corbeil-Essonnes. 

 

Corbeil-Essonnes candidatera à des appels à manifestation d’intérêt pour accueillir des grands services publics déplacés de Paris vers la province ou la banlieue comme dit vouloir le faire l’Etat.

 

La bibliothèque nationale de France cherche par exemple un territoire pour accueillir ses archives et développer un partenariat de long terme. Nous allons étudier cela. Cela pourrait faire sens dans une ville dont l’Histoire et l’identité sont si fortement liées au papier.

 

Nous devons mieux tirer parti des dynamiques territoriales. Le cluster sport, les Jeux Olympiques, le Génopole, l’université d’Evry, la faculté des métiers sont autant d’opportunités de renforcer Corbeil-Essonnes.

 

Oui, soyons ambitieux pour notre ville. Soyons ambitieux pour ses habitants.

 

Une exigence : la proximité.

 

Nous aurons aussi un devoir de proximité. Ce qui a manqué ces dernières années, c’est la proximité entre la ville et les citoyens.

 

De trop nombreuses demandes restaient sans réponse. De trop nombreuses alertes ne donnaient lieu à aucune réaction.

 

Je demande aux élus et à l’administration de tout mettre en œuvre pour assurer cette proximité et cette réactivité sans lesquelles il ne peut y avoir de confiance.

 

Nous avons décidé de construire une administration plus sobre en réduisant les avantages comme les voitures, les cartes essence qui étaient trop nombreuses. Les élus doivent être justement indemnisés car la fonction d’élu municipal est un sacerdoce mais il n’est pas possible que cette fonction soit un privilège.

 

Il est temps aussi de mieux reconnaître les droits de l’opposition. Désormais, les conseillers municipaux seront indemnisés pour leur permettre d’exercer pleinement leurs fonctions.

 

Ils seront aussi écoutés et respectés. Je les invite aussi à participer s’ils le souhaitent, s’ils le veulent à la construction du nouveau Corbeil-Essonnes. Je le dis à Jean-Luc Raymond, à Samira Ketfi, à tous les élus des autres listes et à leurs colistiers non élus.

 

Réussir ensemble

 

Pour réussir la ville comme nous le souhaitons. Il faut des bonnes idées, il faut de l’énergie pour les porter et les concrétiser, il faudra, je l’ai dit du courage pour apaiser, réconcilier et remettre de l’ordre.

 

Mais ce n’est pas suffisant. On ne fait pas le bonheur des gens sans eux.

 

Avec les conseils de quartier, avec les instances de concertation que nous allons mettre en place, nous voulons redonner le pouvoir aux citoyens. Là aussi, il faudra être imaginatif. La démocratie participative porte parfois la menace d’être confisquée par les mêmes personnes qui disposent du temps et du savoir pour s’exprimer, pour faire valoir leur point de vue.

 

De nombreuses expériences sont portées aux quatre coins de la planète pour trouver de nouvelles manières de faire. Nous devons participer de ce foisonnement et rechercher inlassablement comment redonner de la place aux citoyens. Dès le mois de septembre, nous reviendrons vers vous les Corbeil-Essonnois et le personnel communal pour vous donner la parole et faire en sorte que Corbeil-Essonnes vous appartienne.

 

Certes la crise COVID-19 a été la source d’une abstention importante ; ce fut particulièrement vrai le 15 mars à un moment où les messages portés par les autorités pouvaient être contradictoires.

 

Mais, le 28 juin, cela avait moins de raison d’être.

 

Pourtant, seuls 41% des Français appelés aux urnes s’y sont rendus. A Corbeil-Essonnes, ce fut 34% et la hausse de 3 points par rapport au 1er tour, à contre-courant de la tendance nationale ne doit pas nous illusionner.

 

Ces taux de participation à Corbeil-Essonnes comme ailleurs doivent inviter à l’humilité.

 

Il faut les analyser et s’interroger aussi sur l’échec démocratique qu’a pu constituer le transfert de compétences et de moyens des communes vers des intercommunalités très loin des gens. Et Corbeil-Essonnes au sein de Grand Paris Sud portera l’ambition de faire autrement.

 

Il faut aussi voir comment nos villes marquées par une forte mobilité résidentielle, par l’effritement du tissu associatif et des anciennes solidarités peuvent se réinventer.

 

Corbeil-Essonnes dispose d’atouts.

 

Notre ville dispose de solides atouts. Centre historique de notre département, elle accueille de nombreuses voies de communication :

 

  • Ce fleuve qui l’a relié à Paris avec les Grands Moulins qui fournissaient la farine à la Cour des Rois de France. Ce fleuve même qui, au XVIIème siècle lors de l’épidémie de peste bubonique, apportait les cadavres au point de faire entrer dans le langage courant, inspiré par notre ville le mot de corbillard.
  • Les routes qui, depuis l’ancienne voie romaine, passent par Corbeil-Essonnes, Nationale 7, A6, Francilienne
  • Le rail, enfin, puisque la 3ème ligne du réseau ferroviaire français en 1841 fut Corbeil-Paris. Nous y reviendrons.

 

Cette position historique a offert à notre ville une position de force historique.

 

La désindustrialisation qui l’a frappé l’oblige maintenant à se réinventer. C’est l’enjeu du centre-ville, c’est aussi l’enjeu de l’aménagement régional.

 

Avec la mondialisation, une logique de métropolisation s’est imposée. Les richesses se concentrent sur un nombre de plus en plus réduit d’individus et sur un nombre de plus en plus réduit de territoires. Si la crise COVID19 doit avoir une utilité, c’est bien d’enrayer cette mauvaise logique qui approfondit les inégalités et suscite de la colère.

 

A Corbeil-Essonnes, en grande couronne, cela interroge aussi notre rapport à Paris.

 

Paris a peut-être le droit de limiter les accès à son territoire comme le porte Anne Hidalgo, sa maire. Elle y voit la clé de la transition écologique dans sa ville et c’est son droit de maire. Mais alors, Paris doit être aux côtés des territoires de banlieue pour réparer le RER. Paris aussi doit cesser de s’accaparer les créations d’emploi, les équipements culturels, les établissements d’enseignement supérieur.

 

La Banque de France a ouvert l’an passé un Musée de l’économie à Paris. C’est le 168ème musée parisien. Est-ce raisonnable ? Est-ce juste ?

 

80% des espaces de coworking qui se créent en Ile-de-France sont concentrés sur Paris et les Hauts-de-Seine. Est-ce raisonnable ? Est-ce juste ?

 

Pour réussir la transition écologique et solidaire, il faut créer des pôles d’attractivité qui ne soient plus dépendants de Paris. Oui, il doit être de nouveau possible de vivre à Corbeil-Essonnes et de travailler à Corbeil-Essonnes. C’est en tout cas ce en quoi nous croyons.

 

C’est le sens de l’engagement de la liste que j’animais, « Corbeil-Essonnes, notre ville », devenue après la fusion avec la liste de Martine Soavi, « Corbeil-Essonnes, une ville à vivre » ; Martine Soavi sera une 2ème adjointe très engagée.

 

Une ville à vivre, il s’agit bien de cela.

 

Construire une ville plus douce et plus forte, plus dynamique et plus juste.

 

Le hasard du temps fait qu’hier, un nouveau premier Minsitre vient d’pêtre nommé. C’est lui qui sous Sarkozy a mis en place dans les hôpitaux la T2A, la tarification à l’activité qui a mis dans le mur la gestion des hôpitaux. Le Président a appelé à son secours le vieux monde. Corbeil-Essonnes a renversé le vieux monde. Corbeil-Essonnes, c’est la France. Faisons de Corbeil-Essonnes, l’avenir de la France.

 

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Chers amis,

 

J’aimerais finir ce discours par une note plus personnelle. 

 

En ce jour, je pense beaucoup à mes parents. Mon père Roger, ouvrier métallurgiste chez Renault. Ma mère, Monique, nourrice. J’ai eu une enfance et une jeunesse aimante et heureuse. Chez nous, tout était joie, partage, amour, camaraderie, échanges, fraternité. Mes parents ne sont plus là mais je sais qu’ils seraient fiers aujourd’hui. Comme le sont, je le sais, Mathilde, Anne et Flore.

 

Je pense aussi à Roger Combrisson et à toutes les militantes et tous les militants qui ont l’accompagné à partir de 1951 et la naissance de notre commune. J’ai eu la chance de travailler à ses côtés en 1986 et donc de beaucoup apprendre d’un homme qui avait servi la Résistance et traversé les épreuves de la déportation. Je pense à celles et ceux qui malheureusement ne sont plus là, Paulette Penel Colin, José Kinkela et Elisabeth Gauthier. Sans eux, je, nous n’aurions pas réussi. Le moment venu, Roger Combrisson, Paulette, José et Elisabeth donneront leur nom à un équipement public de notre ville.

 

Mes années à ses côtés en tant que directeur de cabinet de la ville, mes années de vice-président du Conseil général de 1998 à 2015 seront des points d’appui précieux pour aborder la période qui s’ouvre. Pour l’Essonne, avec Michel Berson, nous avons eu l’audace de croire qu’une politique environnementale départementale avait du sens. La protection des espaces naturels sensibles et le premier agenda 21 départemental issu de travaux participatifs illustrent ce volontarisme.

 

Voilà une nouvelle page va s’écrire pour Corbeil-Essonnes. Notre ville est un alliage. Celle de Corbeil, le centre historique et d’Essonnes, la cité ouvrière. Notre ville a toujours été un carrefour, un espace de rencontre et d’invention.

 

C’est bien avec cet état d’esprit qu’il faut renouer ; c’est la mission qui revient désormais aux élus de ce conseil municipal.

 

Dimanche dernier, les Corbeil-Essonnoises et les Corbeil-Essonnois ont voté pour que la ville où nous vivons devienne la ville où nous voulons vivre.

 

Ensemble, nous pouvons le faire.

Ensemble, nous allons le faire.

Je vous remercie.