Vie de la cité

Hommage à Jacques-Chirac, le Président qui aimait la France mais aussi les Français

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La ville de Corbeil-Essonnes rendra hommage à Jacques Chirac, ancien Président de la République, lundi 30 septembre à 15h, Place Galignani. Tous celles et ceux qui le souhaitent sont invités à cet hommage rendu dans le cadre de la journée de deuil national. Une minute de silence sera observée dans les écoles et les administrations.

Le Président de la République, Jacques Chirac s’est éteint jeudi 26 septembre à l’âge de 86 ans. Une tristesse profonde et sincère, à l’annonce de cette disparition, a frappé les Français car ils avaient non seulement le souvenir d’un bilan international exceptionnel attaché à ce nom, mais aussi le souvenir d’un homme sincère, généreux et brillant qui aimait la France mais aussi les Français, tous les Français.

Jacques Chirac était et restera l’incarnation de l’humanisme à la croisée de toutes les traditions philosophiques qui font le terreau français. Jacques Chirac – l’homme – c’est mon ami, l’écrivain Denis Tillinac, qui en parle le mieux et de la manière la plus juste, car, comme moi, : « il a pu le suivre, des chemins creux de la Corrèze, aux bistrots de la Capitale, d’Ussel à l’hôtel de ville, en voiture, en balade, à table et au bureau. Un Jacques Chirac pudique qui se révélait parfois à ses vrais amis. Sous la carapace, une étonnante humanité ».

Je me souviens de notre première rencontre comme si c’était hier. C’était le 8 novembre 1969. Le tout jeune provincial que j’étais venait de “monter” à Paris pour suivre la prépa ENA. D’origine modeste, je cherchais un poste d’attaché parlementaire. Je ne connaissais strictement personne à Paris. Jacques Chirac m’a reçu huit jours après mon arrivée. Il n’y avait pas de poste disponible pour cette fonction. Il m’a proposé un poste de chargé de mission à son cabinet de Secrétaire d’État au budget. Il m’a demandé de réfléchir à sa proposition ; j’ai dit oui tout de suite. C’était une telle opportunité pour moi !

Jacques Chirac et Jean-Pierre Bechter
Jacques Chirac et Jean-Pierre Bechter

Cette première fonction allait déboucher sur une collaboration longue de plus de trente cinq années. Je serai ainsi à son service aux ministères de l’Agriculture, aux Relations avec le Parlement, à l’Intérieur. En 1978, Jacques Chirac me convainc de me présenter aux élections législatives en Corrèze, dans une circonscription que la droite n’avait jamais gagnée. Avec l’énergie du débutant, et son soutien de chaque jour, je finirai par gagner ce bastion communiste. À ses côtés, je fus aussi élu de Paris et également conseiller général de Corrèze pendant 20 ans…

Au moment où j’écris ces lignes, mille souvenirs me submergent. Ce qui m’a le plus impressionné chez cet homme, c’est sa simplicité, sa formidable intelligence, son incroyable culture générale qu’il a cachée pendant des décennies, et surtout son extraordinaire capacité de travail qui lui permettra d’accéder aux plus hautes fonctions. Jacques Chirac avait la religion du travail. Il travaillait, travaillait encore, dans son bureau, sa voiture, ou la nuit dans le train qui nous emmenait de Paris à Ussel. J’ai été formé intellectuellement et politiquement au contact de son inépuisable force de travail. J’en ai gardé le goût et la pratique. C’est pour moi la seule possibilité quand on se veut au service des autres et au service de plus grand que soi.

Certains, aujourd’hui, pinaillent sur son bilan. Il est vrai que son immense parcours est fait de victoires éclatantes et de quelques échecs retentissants. Mais je peux en témoigner : Jacques Chirac était un républicain absolu, un amoureux flamboyant de la France et des Français. Je me suis autorisé à livrer ce témoignage, qui est d’abord un hommage, car à Corbeil-Essonnes aussi vous êtes très nombreux à partager cette émotion et à m’interroger sur cet exceptionnel destin français tant il est vrai que ceux qui, comme moi, l’ont aimé, servi, défendu et admiré, se retrouvent aujourd’hui avec ceux qui l’ont combattu mais dans un même hommage.

Pour saluer la mémoire de ce géant, à notre échelle et localement, ce chef d’État qui savait non seulement faire entendre la voix de la France, mais qui, en même temps savait entendre et être attentif à la voix de tous les Français, un hommage solennel lui sera rendu au cours du prochain Conseil municipal, ce lundi 30 septembre 2019 à 19h. Des cahiers seront à votre disposition à l’hôtel de ville pour recueillir vos témoignages de respect, d’affection, ou l’expression de vos messages à sa famille et aux siens.

 

 

 

Jean-Pierre Bechter, Maire de Corbeil-Essonnes.